Manju : Je m’appelle Manju Devi, je vis dans le village d’Usewa. Mon mari s’appelle Bhim Ravi Das, j’ai 40 ans et quatre enfants. Nous travaillons dur, entre les tâches domestiques et les petits boulots, pour subvenir aux besoins de la famille, notamment pour garantir à nos enfants nourriture et éducation. Mon fils aîné poursuit actuellement une licence, mon deuxième est en seconde, et les deux autres sont encore à l’école primaire.

Taramuni : Je suis Taramuni Devi, j’ai 52 ans. Mon mari s’appelle Ramesh Das. Nous sommes dix dans la famille : six filles, deux garçons, mon mari et moi. Nous vivons grâce à des petits travaux journaliers.

Taramuni : J’ai été élevée par mes grands-parents maternels, qui ont soutenu ma scolarité. J’ai étudié jusqu’en CE2. Mais après le décès de ma mère, il n’y avait plus personne pour me guider, et j’ai dû abandonner l’école, faute de soutien.

Manju : Pour ma part, l’école primaire que je fréquentais était dans un village voisin, un peu éloigné. Mon frère m’y accompagnait, mais quand il a terminé l’école en CM2 alors que j’étais en CE1, je n’avais plus personne pour m’emmener, alors j’ai dû arrêter.

Taramuni : J’ai assisté à une réunion organisée par les animatrices de santé communautaire, où j’ai entendu parler de Karuna-Shechen et de ses activités. J’y ai rencontré Rachna, une professeure, qui nous a présenté le programme d’alphabétisation pour adultes et ses bienfaits. Quand elle nous a demandé si nous voulions apprendre, nous avons tout de suite accepté. ​

Nous avons compris que l’éducation pouvait nous aider à grandir et à évoluer.

Manju : Moi aussi, c’est lors d’une réunion communautaire que j’ai entendu parler du programme. Rachna a expliqué comment les cours se déroulaient et nous a encouragées à y consacrer deux heures par jour. Beaucoup de femmes du village se sont jointes au programme, et nous avons commencé à apprendre ensemble.

16.png

Taramuni : C’était une très belle expérience, très enrichissante. On nous a expliqué le fonctionnement des cours, leur importance, et les compétences que nous allions acquérir. Rachna Didi nous a montré des exemples concrets : lire des pancartes, gérer de l’argent, comprendre des instructions médicales. Elle a tout expliqué avec patience. Par ailleurs, ma famille m’a soutenue, et j’ai réussi à m’organiser pour finir les tâches ménagères avant les cours. Mon mari et mes enfants ont compris l’importance de cette opportunité et m’ont aidée à mieux gérer mon emploi du temps. L’ambiance était encourageante, ce qui rendait l’apprentissage plus facile.

Manju :  Pareil pour moi. Ma famille m’a encouragée à apprendre, à évoluer et à gagner en autonomie. Leur soutien a été déterminant. J’ai adoré apprendre en groupe. On partageait nos histoires, on s’entraidait pour lire et écrire, et une belle solidarité est née entre nous. Cela a rendu l’expérience joyeuse et riche de sens.

Taramuni : L’alphabet anglais et les tables de multiplication étaient difficiles. Mais l’environnement était bienveillant. Le professeur nous consacrait du temps individuellement, et le soutien de ma famille m’a portée.

Manju : Jongler entre les tâches ménagères et les cours n’était pas simple, mais j’ai persévéré. Je savais que cet effort aurait un impact positif sur ma famille.

Bannières WordPress FORMAT 1600x700-5.png

Taramuni : Le dévouement et l’altruisme de personnes comme Rachna m’inspirent. Grâce à cela, notre communauté est devenue plus forte, plus unie, plus résiliente. Karuna-Shechen en est devenue un pilier : Elle ne nous a pas seulement apporté le savoir, elle nous a aussi soutenues économiquement. La formation en fabrication de bracelets, proposée l’an dernier, a été un tournant pour beaucoup de femmes. Nous recevons aussi des serviettes hygiéniques, des graines et d’autres ressources.

Manju : Le partage et la bienveillance. Apprendre ensemble nous a rapprochées, et nous nous soutenons comme une famille élargie. Grâce à Karuna-Shechen, j’ai évolué personnellement et financièrement. Je savais coudre, mais grâce au programme, j’ai pu exprimer mon besoin à Rachna, et elle m’a aidée à obtenir une machine à coudre. Aujourd’hui, je gagne ma vie et je soutiens ma famille.

Découvrez le programme de développement économique

Taramuni : Avant, je signais avec mon empreinte pour toucher les rations. Je ne pouvais pas lire les instructions, ni les panneaux. Cela me rendait dépendante. Apprendre à lire et à écrire m’a rendue plus autonome. Je suis fière de pouvoir lire les panneaux, suivre des prescriptions médicales, gérer l’argent seule. Je n’ai plus peur de sortir seule.

Manju : Avant, j’avais du mal à gérer l’argent au marché, à effectuer des opérations bancaires simples, ou à comprendre des informations de base. Cela compliquait le quotidien.

L’éducation m’a donné de la force et de la confiance. Je suis désormais indépendante financièrement, et je peux offrir un avenir meilleur à mes enfants.

Taramuni : Dernièrement, j’ai lu à voix haute les instructions données par un médecin. Les femmes autour de moi m’ont félicitée. J’ai ressenti une vraie joie intérieure.

Manju : Je ressens de la fierté chaque fois que je gère de l’argent, que je fais les courses, ou que j’aide mes enfants à étudier. Mon activité de couture, rendue possible grâce à Karuna-Shechen, m’apporte une grande satisfaction.

Manju : Je veux que mes enfants aillent le plus loin possible dans leurs études. Je comprends aujourd’hui la valeur de l’éducation, et je promets de soutenir mon fils aîné jusqu’au bout de son parcours.

Design sans titre.png
Je lui dirais que rester analphabète, c’est se priver de sa liberté. L’éducation est un chemin vers la dignité, l’indépendance et la croissance. – Taramuni
Soutenez vous aussi les femmes indiennes dans leur émancipation à travers les mots