Dans le district de Kapilvastu au Népal, les municipalités rurales de Bijayanagar et Yashodhara font face à des urgences climatiques récurrentes : inondations, sécheresses et incendies. Pour y faire face, l’initiative de réduction des risques de catastrophe (RRC), menée par Karuna-Shechen, déploie une stratégie de préparation axée sur la prévention et l’anticipation auprès de plus de 20 000 personnes. Cette stratégie repose sur une approche collaborative à trois niveaux : les écoles, les communautés et les collectivités locales.
Des risques qui se répètent chaque année
Les ménages agricoles subissent un enchaînement continu d’aléas climatiques et environnementaux :

Durant la mousson, le débordement des rivières et des canaux inonde les habitations, les écoles et les cultures, et provoque souvent des épidémies.

Dès que les pluies cessent, la sécheresse prend le relais : la pénurie d’eau fait chuter les rendements et les revenus, tandis que des incendies se propagent rapidement dans les villages très peuplés.

À cela s’ajoutent d’autres menaces récurrentes : tempêtes, foudre, températures extrêmes (chaleur ou froid), ravageurs de cultures et conflits avec la faune sauvage.
La sensibilisation commence en classe
Face à cela, cette initiative agit directement au cœur des classes pour intégrer la prévention des risques au quotidien :
- Actuellement, treize écoles élaborent ou mettent à jour leur plan de sécurité; et leur personnel scolaire ainsi que leurs responsables sécurité sont formés aux gestes d’urgence.
- Des formations sur l’hygiène, la sécurité, et la gestion des déchets sont dispensés à toute la communauté éducative (élèves, enseignants et parents)
- Les clubs de jeunes sont pour leur part formés au leadership sur les enjeux climatiques.
- Des activités sont également mises en œuvre comme des plantations d’arbres et des concours de quiz ou d’éloquence.


Donner le pouvoir d’agir aux communautés
Les habitants deviennent les premiers acteurs de leur propre sécurité. Grâce au projet, 32 groupes de gestion des catastrophes (soit 741 personnes) ont déjà été formés pour faire face aux incendies et aux températures extrêmes, qu’il s’agisse de vagues de chaleur ou de froid.
Pour inscrire cet impact dans la durée, des animateurs locaux sont formés afin de transmettre ces réflexes aux générations futures. En parallèle, des diagnostics de terrain sont menés dans chaque quartier pour cibler précisément l’origine des risques majeurs.
« Les communautés comprennent déjà leurs propres risques mieux que quiconque. Notre rôle est de les aider à transformer cette compréhension en un plan qu’elles peuvent mettre en œuvre. » – L’équipe du projet


L’engagement durable des collectivités locales
Les deux municipalités ont désormais officiellement adopté leurs plans quinquennaux de prévention des catastrophes et d’adaptation au changement climatique, co-élaborés avec l’ensemble des acteurs locaux (dirigeants, bénévoles de santé, enseignants et membres marginalisés).
Karuna-Shechen intervient aujourd’hui sur le terrain pour accompagner ces communautés à appliquer les plans qu’elles avaient précédemment bâtis avec des soutiens extérieurs comme celui de l’UNICEF à Bijayanagar ou ceux de Transform Aid International, et Australian Aid à Yashodhara. Portées et validées par les collectivités locales, ces démarches s’inscrivent dans la durée.
Les prochaines étapes
Une enquête initiale menée auprès de 255 habitants – en majorité des femmes – a permis de fixer un point de référence clair pour mesurer l’impact du projet. Malgré des contraintes météorologiques extrêmes et des difficultés d’agenda liées aux travaux agricoles ou salariés, la première phase confirme un principe essentiel : la réduction des risques de catastrophe (RRC) ne fonctionne que lorsque les communautés la prennent en main, soutenues par les autorités locales.
Dans sa seconde étape, le projet abordera des aspects plus techniques : mise en place de systèmes d’alerte précoce, gestion des inondations, protection contre la foudre, lutte contre la sécheresse et sensibilisation à l’hygiène.
Grâce au développement de supports d’information et à une coordination continue avec les collectivités, l’objectif est que chaque communauté sache exactement comment réagir bien avant l’arrivée de la prochaine inondation, du prochain incendie ou de la prochaine tempête.