Il est 9h30 au centre Anganwadi, école maternelle de Ratibigha. Portés par les rires et le bourdonnement joyeux des enfants, les espaces de jeu s’animent. Dans un coin, le calme de la zone sensorielle invite les tout-petits à explorer tranquillement des anneaux colorés et des peluches, à leur propre rythme. À l’opposé, dans la zone de construction, trois enfants âgés de 4 et 5 ans débattent bruyamment, blocs de bois en main, pour ériger une maison imaginaire. Bienvenue au cœur d’une matinée ordinaire où le jeu devient le premier pas vers l’apprentissage.
Du silence aux éclats de rire
Indu, une animatrice du centre Anganwadi de Ratibigha, regarde une petite fille absorbée par son dessin : « Nancy était une enfant timide. Lorsqu’elle a rejoint le centre il y a environ un an, elle ne parlait à personne et ne prenait pas non plus de jouet pour jouer seule. Tout ce qu’elle faisait, c’était s’asseoir sur le tapis et regarder les autres enfants. J’essayais de l’encourager à rejoindre les autres, mais elle refusait tout simplement. »
Asmita, la mère de Nancy, acquiesce d’un signe de tête et ajoute : « Au début, elle pleurait et refusait de nous quitter. Elle était très timide et avait du mal à s’intégrer aux autres enfants. »
Au cours des premiers jours d’observation, Indu s’est rendu compte que c’étaient les cerceaux qui fascinaient le plus Nancy. « Mais elle était trop timide et avait trop peur. Alors, un jour, je lui ai donné un cerceau et je lui ai montré comment jouer. Alors que Nancy m’imitait, en tournant la taille et en gloussant tout le temps, d’autres enfants se sont joints à nous. »
Cela a en quelque sorte brisé la glace et aidé Nancy à se sentir à l’aise au centre ECD. Par la suite, la petite fille a commencé à s’ouvrir, à participer aux activités et à interagir avec les autres enfants.
Le jeu comme moteur d’apprentissage et de confiance
Aujourd’hui, Nancy se rend avec enthousiasme au centre Anganwadi et a hâte de passer du temps avec ses amis. Elle aime particulièrement jouer avec les cerceaux, participer à des jeux de rôle et chanter en chœur lors des séances de groupe. Indu a expliqué que ces activités ne sont pas seulement ludiques pour les enfants, mais qu’elles contribuent également à développer leurs compétences en communication, leur confiance en soi, leur coordination et leurs interactions sociales.
« C’est en jouant que les enfants apprennent à parler, à coopérer et à faire preuve d’imagination. »
« L’un des changements les plus marquants que je constate chez Nancy, c’est la confiance avec laquelle elle s’exprime désormais », a confié Indu. « Elle adore les jeux de rôle et aime animer des jeux avec les autres enfants.»
L’apprentissage ne s’arrête pas au centre. La famille de Nancy raconte qu’elle reproduit désormais ces activités chez elle et dans son quartier.
Kalo, la grand-mère de Nancy, raconte : « Elle rentre à la maison et répète les mêmes jeux et chansons qu’elle apprend à l’Anganwadi. Parfois, elle rassemble les enfants du voisinage et commence à leur enseigner elle-même les comptines et les activités. Avant, elle ne parlait presque pas, mais maintenant, c’est elle qui mène le jeu. »
La mère de Nancy décrit comment sa fille parle désormais avec enthousiasme de sa journée et montre les activités qu’elle a apprises au centre. « Elle n’arrête pas de nous apprendre de nouvelles chansons et de nouveaux mots. Maintenant, elle dit même aux autres enfants ce qu’ils doivent faire pendant qu’ils jouent. Voir sa confiance grandir nous rend très heureux. »
Un tremplin serein vers l’école primaire
L’approche de Karuna-Shechen en matière de développement de la petite enfance vise également à préparer les enfants à une transition plus en douceur vers le système scolaire formel. Grâce à des méthodes ludiques, les enfants sont initiés à l’alphabet, aux chiffres, aux couleurs et aux compétences de communication de base, ce qui les aide à s’adapter plus facilement lorsqu’ils intègrent les écoles primaires publiques.
Selon Indu, cette initiation précoce fait une différence notable lorsque les enfants poursuivent leur scolarité.
« Lorsque les enfants apprennent ici l’alphabet de base, à compter et les habitudes de la classe, ils se sentent moins anxieux lorsqu’ils intègrent l’école primaire. Ils sont déjà à l’aise pour s’asseoir en groupe, écouter, répondre et participer aux activités. ».
Pour des familles comme celle de Nancy, le centre Anganwadi est devenu un pilier essentiel pour l’avenir de leur enfant. Outre l’apprentissage, le programme a également encouragé les parents et les personnes qui s’occupent des enfants à passer plus de temps à interagir avec eux à la maison, par le biais de conversations et de jeux.
« Nous savons aujourd’hui que les enfants apprennent grâce à leurs interactions quotidiennes. Même de petits gestes, comme leur parler, jouer avec eux et les écouter, font toute la différence. » – Indu
Le parcours de Nancy illustre l’impact plus large du programme de développement de la petite enfance de Karuna-Shechen, qui vise à créer des espaces bienveillants où les enfants peuvent développer leur confiance en eux, leur curiosité et leurs compétences sociales pendant les années les plus cruciales de leur développement. Grâce au jeu, à l’attention et à un soutien constant, des enfants comme Nancy sont non seulement mieux préparés pour l’école, mais apprennent également à s’exprimer, à tisser des liens avec les autres et à s’épanouir en toute confiance dans le monde qui les entoure.
En soutenant ces centres d’éveil, vous offrez aux enfants les espaces de jeu et d’apprentissage qui leur permettent de bâtir leur confiance.
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